Entretien de la rivière Dordogne n°3

Tous concernés par la qualité de l’eau :

Navigateurs, pêcheurs professionnels, plaisanciers, gabariers, associations sportives, communes, usagers...

Dsc 0440

Une rivière navigable est d’abord une rivière propre, écologique.

La notion de continuité écologique a été introduite en 2000 par la directive cadre sur l’eau. La continuité écologique d’un cours d’eau y est définie comme la libre circulation des organismes vivants et leur accès aux zones indispensables à leur reproduction, leur croissance, leur alimentation ou leur abri, le bon déroulement du transport naturel des sédiments ainsi que le bon fonctionnement des réservoirs biologiques (connexions, notamment latérales, et conditions hydrologiques favorables).

Photos d'opérations de nettoyage....

 

Conséquences

C’est ainsi, que pour en venir au problème qui nous intéresse, il est utile d’avoir bien en tête, que les obstacles présents sur les rivières induisent des perturbations qui  impactent évidemment la navigabilité, ce qui est facilement lisible, mais aussi sur la continuité écologique. Ces obstacles quelle que soit leur nature, agissent de manière plus ou moins importante selon leur hauteur, leur emplacement de l’embouchure à la source du cours d’eau et, selon l’effet cumulé de leur succession.

Compte tenu du cumul des effets des éléments perturbants qui gênent toute libre circulation ou tout simplement déplace le lit de la rivière, l’altération de la continuité écologique est donc à prendre en compte de manière globale.

Cette modification du passage des eaux courantes se transforme alors en une succession de retenues d’eau stagnante, pouvant provoquer :

  • une modification de la température ;
  • une augmentation de l’eutrophisation, représentée notamment par les proliférations algales, du fait d’un apport en éléments nutritifs (phosphore, azote…) en ce qui concerne la Dordogne, dont l’origine provient du bassin versant et du faible renouvellement des eaux ;  une baisse de la quantité d’oxygène dissout dans l’eau ;
  • une diminution de la quantité d’eau à l’étiage, due à l’évaporation plus forte des eaux stagnantes en période estivale ;
  • une diminution de la capacité auto-épuratrice du cours d’eau ;

Faits visibles cet été à Sainte-Foy la Grande, comme les photos prises et mises sur ce site en témoignent.

Mécanismes

Le flux continu de matériaux solides, fins ou grossiers, arrachés au bassin versant, déséquilibre la dynamique du cours d’eau et impacte la morphologie du lit. Plus en aval, vers Cabara, jusqu’à Saint-Sulpice de Faleyrens, on assiste à des phénomènes d’érosion des berges ou d’enfoncement du lit, phénomènes qui influent directement sur la navigabilité, mais aussi provoque la disparition des substrats favorables à la vie et à la reproduction des espèces aquatiques, selon l’importance du piégeage des sédiments par l’obstacle. Ces phénomènes, dont on peut d’ores et déjà prédire la naissance ci et là,  auront tendance à se développer sur tout le linéaire de la rivière.

Or, en dehors des embarcations, ce sont d’abord toutes les espèces de poissons qui ont besoin de circuler sur un linéaire plus ou moins long de la rivière afin d’accomplir leur cycle de vie : reproduction, alimentation, croissance... Les grandes espèces migratrices amphihalines - anguilles, aloses, lamproies etc., qui peuvent avoir un parcours long de plusieurs centaines de kilomètres entre l’estuaire et l’amont des bassins versants, sont particulièrement concernées.

L’ensemble des contraintes sur les milieux aquatiques aurait dû conduire à la mise en œuvre d’interventions diverses dans l’objectif d’atteindre un bon état des eaux imposée par l’Europe pour l’année 2015.

La directive cadre sur l’eau (DCE) du 23 octobre 2000 fixait aux États membres un objectif de non dégradation et d’atteinte du bon état des cours d’eau d’ici à 2015. Le « bon état » était fondé sur l’évaluation de l’état chimique et écologique de nos cours d’eau. L’état écologique comprend des paramètres physico-chimiques et biologiques, dont notamment la diversité et l’abondance des espèces animales – invertébrés et poissons-et végétales présentes dans nos rivières. Il existe cependant un risque important de ne pas atteindre le bon état.

Par la suite, il y a eu le lancement du plan national de restauration des cours d’eau en 2009. Le 13 novembre 2009, la secrétaire d’État chargée du développement durable, avait annoncé le lancement d’un plan d’action national pour la restauration de la continuité écologique des cours d’eau articulé autour de cinq piliers.

 

Qu'en dit VNF

 

La prise de conscience et l’action prévue en conséquence, porte malheureusement plus sur de gros travaux à effectuer sur les ouvrages transversaux comme les seuils et barrages et, sur une dimension latérale, impactée par les ouvrages longitudinaux comme les digues et les protections de berges, que sur l’entretien proprement dit de ces berges qui en fait définissent le lit.

Nous sommes tous concernés, par les formations d'ilots, de barrages etc.

VNF écrivait :

"L'extraction des embâcles est une opération nécessaire à l'effacement du barrage lors des périodes de crue, et doit se faire le plus rapidement possible (de jour comme de nuit) dans des conditions de sécurité parfois difficiles."

 

Dans un document intitulé ‘’Gestion des déchets flottants’’ du 23 février 2009, VNF nous disait :

"Les embâcles rencontrées sur les ouvrages de navigation sont de nature très diverses. Ils peuvent être d’origine végétale (troncs d’arbres, branchages, algues, …), animale (poissons, oiseaux, gibiers, …) ou matériels (bouteilles, ballons, réfrigérateurs, vélos, …)

La gestion de ces embâcles par les services de navigation est nécessaire car celle-ci peuvent être la source de nombreux problèmes :

  • pour les usagers (avaries d’hélices ou de coques pour les navigants)
  • pour les riverains (inondations)
  • pour les ouvrages (endommagement des portes d’écluse ou des organes de bouchure d’un barrage)."

Ce que vous pensez

La conclusion du gestionnaire est on ne peut plus claire, on ne plus rassurante.

Nous nous en réjouissions...

Dans les faits c’est plutôt décevant.

 

Face à ce qui est souvent perçu comme de l’immobilisme, les propositions semblent toutes converger vers une évidence :

 

La rivière devrait-elle être de nouveau draguée dans un but d'entretien pour éviter l'invasion d'algues, la formation d'iles et la dérive d'arbres ?

 

Les photos de cet article n'ont pas été prises sur la Dordogne ou ses affluents...

Faisons nous l'écho de certains bruits, concernant des dragueurs qui seraient prêts à travailler sous les contraintes régissant la continuité écologique.

 

Si cela se révèlait exact, il suffirait alors d’autoriser une exploitation temporaire, sur des zones mises en exergue par les services du gestionnaire, définie par une analyse succincte du fond pédologique et géologique favorable, considérée comme exploitation par l’entrepreneur et comme entretien nécessaire par le gestionnaire ; chaque partie y trouvant ainsi son compte.

 

Une étude d’Eaucéa de mars 2005, rapportait que le département de la Gironde serait le premier producteur et consommateur de matériaux alluvionnaires. Il précisait que les sites à développer sur la Dordogne seraient essentiellement dans l’arrondissement de Libourne (Izon, Saint-Pey de Castets, Les Billaux, Mouliets et Villemartin).